IL S'EXCUSE D'AVOIR CRIÉ APRÈS UN OFFICIEL

 

22 février 2015 13:00

 

 

Pris de remords, le père d’un hockeyeur de 10 ans a tenu à s’excuser publiquement après qu’il eut crié après un arbitre lors d’une partie de hockey atome.

 

La demi-finale du tournoi atome Kiwanis de Val-d’Or opposant les Devils et les Canadiens de Val-d’Or a été très intense samedi soir. L’arbitre de 17 ans qui officiait la partie a refusé deux buts aux Devils. La marque était 4 à 1 pour les Canadiens lorsque les Devils ont marqué un troisième but controversé, qui a cette fois été accordé par l’officiel.

 

À ce moment-là, Éric Morissette, dont le fils joue pour les Devils, a bondi de son siège, a levé les bras au ciel et a crié « il était temps ! » « Ce n’était pas l’anarchie. Je n’étais pas en train de lancer des bouteilles de Gatorade sur la glace. Je n’étais pas dangereux. Mais pour moi qui prône la non-violence au hockey, c’était déjà trop. Je m’en voulais », a-t-il dit.

 

Lorsqu’il est revenu chez lui après le match, il a écrit un long message sur Facebook afin de s’excuser publiquement auprès de l’arbitre. « Ces gens qui portent le chandail rayé chaussent les patins par passion et amour pour le sport. Je n'échangerais certainement pas de place avec eux. Samedi soir, je me suis emporté. J'ai bondi de mon siège, j'ai levé les bras et j'ai crié envers les officiels. À peine quelques secondes plus tard, je regrettais déjà mon geste. Ce n'est pas dans ma nature de parent de hockeyeur », a notamment écrit M. Morissette.

 

Son message a fait rapidement le tour de Val-d’Or et il a réussi à retrouver le jeune officiel. Il devrait le rencontrer prochainement pour lui offrir ses excuses et l’encourager à poursuivre son travail. M. Morissette n’était pas le seul à s’époumoner contre l’officiel. La tension a monté, si bien que l’entraîneur des Canadiens a été expulsé. « Après la partie, j’ai parlé à d’autres parents et aux entraîneurs et tout le monde partageait mon opinion qu’on n’a pas agi comme des parents dignes », a indiqué M. Morissette.

 

Selon M. Morissette, la sensibilisation des dernières années a porté ses fruits et la plupart des parents se comportent adéquatement dans les estrades. Mais il suffit que l’enjeu soit plus grand pour que des incidents fâcheux se produisent. « Si ça m’est arrivé que deux fils se touchent, ça peut aussi arriver à beaucoup de monde. Je sais que mon enfant ne jouera pas dans la Ligue nationale, il est dans l’atome B. Je l’ai inscrit au hockey pour qu’il s’amuse et là, ce n’était pas le fun », a indiqué M. Morissette.

 


 

Voici la lettre d'Éric Morissette :

 

J'aimerais utiliser la force des médias sociaux pour que le message qui suit se rende aux personnes concernées. J'ai des excuses à présenter à des personnes que je ne connais pas. J'aurais aimé les faire en personne mais devant cette impossibilité, je ferai donc ces excuses publiquement. Je suis le papa d'un jeune joueur de hockey ayant participé au Tournoi national atome Kiwanis ce week-end à Val-d'Or.

 

Samedi soir, lors du match opposant les Canadiens et les Devils, la tension a monté pour tout le monde. Un match serré sur la glace qui a mis les joueurs, les entraîneurs et les parents sur les dents. Tout ce beau monde était nerveux. J'étais du lot. Les officiels ont eu un match difficile à arbitrer. Je pense entre autre à ce jeune arbitre qui a eu des décisions difficiles à prendre. Décisions qui allaient nécessairement faire des mécontents, et ce des deux cotés.

 

J'ai toujours été un parent qui prône le respect dans les estrades. Je crois qu'il vaut mieux déployer nos cris pour encourager les jeunes que pour critiquer les arbitres. Ces gens qui portent le chandail rayé chaussent les patins par passion et amour pour le sport. Je n'échangerais certainement pas de place avec eux.

 

Samedi soir, je me suis emporté. J'ai bondi de mon siège, j'ai levé les bras et j'ai crié envers les officiels. A peine quelques secondes plus tard, je regrettais déjà mon geste. Ce n'est pas dans ma nature de parent d'hockeyeur. Une fois à la maison, je m'en suis voulu. Aujourd'hui j'ai entrepris de trouver le nom de ce jeune arbitre afin de lui écrire en privé et m'excuser. Sans succès. Je me suis alors dit que je le ferait publiquement. Peut-être que du coup, je pourrai sensibiliser d'autres parents pour le futur. Mes excuses sont sincères et n'engagent que moi. Je ne veut pas parler au nom d'un groupe ou des autres parents, peu importe l'équipe. J'ai senti que j'avais mal agi et c'est ma façon de m'en excuser.

 

Si vous connaissez ce jeune arbitre ou les juges de ligne, je vous invite à leur transmettre ce message. Parents, encouragez vos enfants. Ils méritent tous d'être applaudis et félicités. Que ce soit après un but ou, encore mieux, après une défaite. C'est vraiment là où papa et maman font vraiment la différence. Aux officiels, merci de votre temps et de votre patience. Sans officiels, il n'y aurait tout simplement pas de hockey, pas de tournoi, pas de médailles. Du coup, veuillez accepter mes excuses et mes remerciements pour votre travail.

 

Source : David Prince, Le Journal de Québec

Suivez-nous

Social

Dernières nouvelles